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(Caractéristiques de quelques bassins hydrographiques transfrontaliers dans la zone d'action de l'OSS)
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{{DISPLAYTITLE:Les ressources en eau des pays de l'OSS }}
 
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== Préface du secrétaire exécutif de l’OSS==
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= Préface du secrétaire exécutif de l’OSS=
 
Les ressources en eau sont au cœur de la survie des populations et leur préservation est étroitement dépendante de la capacité à les gérer et à les partager.   
 
Les ressources en eau sont au cœur de la survie des populations et leur préservation est étroitement dépendante de la capacité à les gérer et à les partager.   
  
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Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS)
 
Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS)
  
== Liste des sigles/acronymes et abréviations==
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= Liste des sigles/acronymes et abréviations=
 
'''ABM                      '''Autorité du Bassin du Mono
 
'''ABM                      '''Autorité du Bassin du Mono
  
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== Définitions des terminologies et termes techniques utilises dans la monographie ==
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= Définitions des terminologies et termes techniques utilises dans la monographie =
 
Accès à l’eau potable : Il est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées. Une source d’eau potable améliorée est une source d’approvisionnement en eau qui, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’eau potable est celle dont la consommation est sans danger pour la santé humaine.  
 
Accès à l’eau potable : Il est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées. Une source d’eau potable améliorée est une source d’approvisionnement en eau qui, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’eau potable est celle dont la consommation est sans danger pour la santé humaine.  
  
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* 25 pays africains : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Somalie, Soudan, Tchad et Tunisie.
 
* 25 pays africains : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Somalie, Soudan, Tchad et Tunisie.
 
* 7 pays non africains : Allemagne, Belgique, Canada, France, Italie, Luxembourg et Suisse
 
* 7 pays non africains : Allemagne, Belgique, Canada, France, Italie, Luxembourg et Suisse
* 13 organisations membres : - Centre d'Actions et de Réalisations Internationales (CARI)
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* 13 organisations membres :  
* Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS)
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# Centre d'Actions et de Réalisations Internationales (CARI)
* Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)
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# Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS)
* Communauté des Etats sahélo- sahariens (CENSAD)
+
# Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)
* Centre Régional de Télédétection des Etats de l'Afrique du Nord (CRTEAN)
+
# Communauté des Etats sahélo- sahariens (CENSAD)
* Intergovernmental Authority on Development (IGAD)
+
# Centre Régional de Télédétection des Etats de l'Afrique du Nord (CRTEAN)
* Environnement et Développement du tiers-monde (ENDA)
+
# Intergovernmental Authority on Development (IGAD)
* Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO)
+
# Environnement et Développement du tiers-monde (ENDA)
* Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV)
+
# Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO)
* Réseau Sahel Désertification (ReSaD)
+
# Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV)
* United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD)
+
# Réseau Sahel Désertification (ReSaD)
* Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)
+
# United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD)
* Union du Maghreb Arabe (UMA).
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# Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)
 
+
# Union du Maghreb Arabe (UMA).
 
La zone d'action actuelle de l’OSS  s’étend sur une superficie d’environ 17,520 millions de km2, soit 57% de la superficie du continent africain . Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cameroun et Tchad) couvrent 41% de la superficie totale, ceux de l’Afrique du Nord occupent 33%, et ceux de l’Afrique de l’Est, 26%. Elle dispose de 21 700 km de longueur de côtes (OSS, 2017).  
 
La zone d'action actuelle de l’OSS  s’étend sur une superficie d’environ 17,520 millions de km2, soit 57% de la superficie du continent africain . Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cameroun et Tchad) couvrent 41% de la superficie totale, ceux de l’Afrique du Nord occupent 33%, et ceux de l’Afrique de l’Est, 26%. Elle dispose de 21 700 km de longueur de côtes (OSS, 2017).  
  
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Ces engagements s’inscrivent, par ailleurs, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable et de l’Agenda 2063.
 
Ces engagements s’inscrivent, par ailleurs, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable et de l’Agenda 2063.
  
== Structuration du document ==
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= Structuration du document =
 
* Cette monographie intègre principalement les éléments suivants:
 
* Cette monographie intègre principalement les éléments suivants:
 
* Un aperçu global sur les ressources en eau dans l’espace OSS;
 
* Un aperçu global sur les ressources en eau dans l’espace OSS;
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* Un état de la gouvernance des ressources en eau dans l’espace OSS
 
* Un état de la gouvernance des ressources en eau dans l’espace OSS
  
== Introduction générale ==
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= Introduction générale =
=== Aire d’intérêt de la monographie ===
+
== Aire d’intérêt de la monographie ==
 
L’action de l’OSS couvre la zone sahélo-saharienne de l’Afrique (des côtes Ouest-Africaines aux côtes de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique du Nord) et demeure unique par sa richesse naturelle, ses spécificités géographiques et historiques. C’est un espace caractérisé par son originalité, ses permanences (la mer, le climat, le relief, la biodiversité, les populations, les richesses culturelles et les paysages). La zone d'action de l'OSS comprend des régions à climats hyper arides, arides, semi-arides et sub-humides sèches de l'Afrique (Figure 2), avec la présence d’un climat désertique qui se manifeste par une sécheresse extrême, des températures très élevées et de très fortes amplitudes thermiques.
 
L’action de l’OSS couvre la zone sahélo-saharienne de l’Afrique (des côtes Ouest-Africaines aux côtes de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique du Nord) et demeure unique par sa richesse naturelle, ses spécificités géographiques et historiques. C’est un espace caractérisé par son originalité, ses permanences (la mer, le climat, le relief, la biodiversité, les populations, les richesses culturelles et les paysages). La zone d'action de l'OSS comprend des régions à climats hyper arides, arides, semi-arides et sub-humides sèches de l'Afrique (Figure 2), avec la présence d’un climat désertique qui se manifeste par une sécheresse extrême, des températures très élevées et de très fortes amplitudes thermiques.
  
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===Caractéristiques socio-démographiques de la zone===
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==Caractéristiques socio-démographiques de la zone==
La population totale de la zone d’action de l’OSS est passée de 146 millions d’habitants en 1950 à environ 800 millions d’habitants en 2019 (soit 62% de la population totale africaine ) avec un taux d'accroissement moyen annuel de 2,5 %. La population urbaine  est estimée à 40 % de la population totale, soit 320 millions d'habitants et la population rurale à 60 %, soit 48 millions d’habitants (Knoema, 2019; BM, 2019).
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La population totale de la zone d’action de l’OSS est passée de 146 millions d’habitants en 1950 à environ 800 millions d’habitants en 2019 (soit 62% de la population totale africaine8) avec un taux d'accroissement moyen annuel de 2,5 %. La population urbaine9 est estimée à 40 % de la population totale, soit 320 millions d'habitants et la population rurale à 60 %, soit 48 millions d’habitants (Knoema, 2019; BM, 2019).
Cette population est inégalement répartie avec une densité allant de 0 à plus de 1000 habitants au km2 (Figure. 3)
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Cette population est inégalement répartie avec une densité allant de 0 à plus de 1000 habitants au km² (Figure. 3).
  
 
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'''Figure 3. Carte de densité moyenne de la population de la zone d’action de l’OSS'''
 
'''Figure 3. Carte de densité moyenne de la population de la zone d’action de l’OSS'''
  
Source des données : FAO & CIESEIN, 2009'''<nowiki/>'''
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'''Source des données : FAO & CIESEIN, 2009'''
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'''<nowiki/>'''
 
D’après les projections des Nations Unies, cette population sera d’environ 1 milliard d’habitants en 2030 et elle avoisinera 1,500 milliards d’habitants en 2050, avec un taux d’accroissement moyen annuel de 2 % (Figure 4).
 
D’après les projections des Nations Unies, cette population sera d’environ 1 milliard d’habitants en 2030 et elle avoisinera 1,500 milliards d’habitants en 2050, avec un taux d’accroissement moyen annuel de 2 % (Figure 4).
  
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[[Fichier:figure4.png]]
  
 
'''Figure 4. Projection de la population de la zone d’action de l’OSS'''
 
'''Figure 4. Projection de la population de la zone d’action de l’OSS'''
  
Source des données : UN, World Population Prospects, 2019'''<nowiki/>'''
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'''Source des données : UN, World Population Prospects, 2019'''
L’espérance de vie à la naissance est passée de 40,5  ans en 1960 à 66 ans en 2020 , soit une augmentation moyenne de plus de 50%. Le taux de mortalité infantile est de 72‰ en moyenne en 2020 .
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En 2018, le PIB  par habitant avait une moyenne de 1842 $ US avec un maximum de 7241 $ US et un minimum de 314 $ US. La zone d’action de l’OSS dispose d’un indice de développement humain (IDH)  moyen de 0,533 ; il varie entre 0,37 et 0,76. Concernant la pauvreté, environ 28 % de la population de la zone d’action vit sous le seuil de 1,25 $ US/jour (sur la base des taux de conversion 2011 en parité de pouvoir d’achat - PPA) selon l’indice de pauvreté (PNUD, 2016).
+
L’espérance de vie à la naissance est passée de 40,510 ans en 1960 à 66 ans en 202011, soit une augmentation moyenne de plus de 50%. Le taux de mortalité infantile est de 72‰ en moyenne en 202012.
  
En 2017, la prévalence de sous-alimentation  variait de 3,9% à 37,5%. Pour ce qui est de la capacité des barrages par habitant, elle variait en 2015 entre 2,1 m3/hab (au Bénin) à 1866 m3/habit (en Ouganda).
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En 2018, le PIB13 par habitant avait une moyenne de 1842 $ US avec un maximum de 7241 $ US et un minimum de 314 $ US. La zone d’action de l’OSS dispose d’un indice de développement humain (IDH) 14 moyen de 0,533 ; il varie entre 0,37 et 0,76. Concernant la pauvreté, environ 28 % de la population de la zone d’action vit sous le seuil de 1,25 $ US/jour (sur la base des taux de conversion 2011 en parité de pouvoir d’achat - PPA) selon l’indice de pauvreté (PNUD, 2016).
  
Au niveau de l’éducation , les pays de la zone d’action de l’OSS enregistrent un taux de scolarisation moyen de 77,9%. Le taux du nombre des étudiantes atteint 49,76% par rapport au nombre total, des étudiants.
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En 2017, la prévalence de sous-alimentation15 variait de 3,9% à 37,5%. Pour ce qui est de la capacité des barrages par habitant, elle variait en 2015 entre 2,1 m3/hab (au Bénin) à 1866 m3/habit (en Ouganda)16.
  
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Au niveau de l’éducation17, les pays de la zone d’action de l’OSS enregistrent un taux de scolarisation moyen de 77,9%. Le taux du nombre des étudiantes atteint 49,76% par rapport au nombre total, des étudiants.'''<nowiki/>'''
  
=== Les grandes unités d’occupation du sol dans la zone ===
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== Les grandes unités d’occupation du sol dans la zone ==
  
 
Plus de la moitié de la zone d’action de l’OSS est constitué de sol nu très peu végétalisé ou sous forme d’étendue dunaire avec seulement 0,3 % de zones urbanisées.
 
Plus de la moitié de la zone d’action de l’OSS est constitué de sol nu très peu végétalisé ou sous forme d’étendue dunaire avec seulement 0,3 % de zones urbanisées.
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Figure 5. Carte d'occupation des sols dans la zone d’action de l’OSS
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'''Figure 5. Carte d'occupation des sols dans la zone d’action de l’OSS'''
Source: OSS, 2017
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== Les ressources en eau dans l’espace de l’OSS ==
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=== Aperçu général ===
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=== Origines et types des ressources eau dans les pays de l'OSS ===
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=== Ressources en eau partagées de l'espace de l'OSS ===
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====            Eaux superficielles partagées ====
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====            Eaux souterraines partagées ====
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== Mobilisation et utilisation des ressources en eau dans l’espace OSS ==
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=== Capacités des barrages dans la zone d’action de l’OSS ===
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=== Quels thèmes ? ===
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Notre Wiki est séparé en 7 grands thèmes qui sont cadre naturel, cadre stratégique et réglementaire, acteurs de l'eau, services et usages de l'eau, infrastructures de l'eau, finances de l'eau et dialogues sur l'eau. Ces rubriques ne sont pas modifiables, en revanche, vous pouvez modifier et ajouter tous les articles se situant dans les sous-rubriques et même créer des sous-rubriques (catégorie) au besoin. Il est obligatoire de publier vos articles au sein d'une catégorie.
+
  
=== Quels formats ? (Template de présentation des bonnes pratiques) ===
+
'''
La langue utilisée doit être le français
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Source: OSS, 2017'''
  
Les sources doivent être mentionnées en fin d’article
 
  
=== Quel genre d’article nous voulons ? ===
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= Les ressources en eau dans l’espace de l’OSS =
* Bonnes pratiques
+
== Aperçu général ==
* Présentation de projet et d’organisation
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La zone d’action de l’OSS dispose de 1360 milliards de m3 de ressources en eau annuelles renouvelables (FAO-Aquastat, 2017), inégalement réparties selon les régions (Figure 6): 72% pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, 20% pour l’Afrique de l’Est et 8% pour l’Afrique du Nord.
* Présentation de cartes et documents graphiques
+
* La plupart des eaux de surface sont localisées dans les grands bassins hydrographiques transfrontaliers dont les plus importants dans la zone sont les bassins du Nil, du Niger, du Sénégal, du lac Tchad, et de la Volta. L'ensemble des cours et plans d'eau de la zone totalise environ 1302 milliards de m3/an d'eau renouvelable (y compris une part commune entre eaux de surface et eaux souterraines)18. Il existe néanmoins assez de disparités dans la répartition spatiale de ces ressources:
 +
* Afrique de l’Ouest et centrale: 943 milliards de m3/an 
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* Afrique de l'Est : 268 milliards de m3/an. 
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* Afrique du Nord : 91 milliards de m3/an ;
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* Les ressources en eau souterraine renouvelables totalisent quant à elles un volume de 364 milliards de m3 par an. Comme pour les eaux de surface, il existe également un déséquilibre quantitatif de la répartition spatiale des eaux souterraines. Ainsi, la région de l'Afrique du Nord ne dispose que de 4% alors que les régions de l'Afrique de l'Est et de l'Ouest ont respectivement 16% et 80%. Par ailleurs, il existe dans la zone d'action de l'OSS, d’importantes ressources en eau peu renouvelables dites fossiles, évidemment pas entièrement exploitables et évaluées à près de 656000 milliards de m3 (OSS, 2016).
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Les eaux souterraines sont localisées dans les aquifères des grands bassins sédimentaires ou cristallins, pour la plupart partagés par plusieurs pays et faiblement renouvelés. Les réserves théoriques des plus importants systèmes aquifères partagés de la zone se présentent comme suit: 
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* Système Aquifères des Grés de Nubie : 500 000 milliards de m3; 
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* Système Aquifère du Sahara Septentrional: 60 000 milliards de m3;
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* Système Aquifère du bassin de Taoudéni/Tanezrouft: 10 000 milliards de m3;
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* Système Aquifère du bassin du Lac Tchad: 5 800 milliards de  m3;
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* Système Aquifère de l'Iullemeden: 5 000 milliards de m3;
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* Système Aquifère de Murzuk: 4 800 milliards de m3 ;
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* Système Aquifère du Sénégalo-Mauritanien: 1 500 milliards de  m3;
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* Système Aquifère de Tindouf: 800 milliards de m3; 
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* Système Aquifère d'Er Rachidia - Béchar: 320 milliards de m3;
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* Système Aquifère de la Djeffara: 170 milliards de m3 ; 
  
=== Comment contribuer ? ===
 
Pour contribuer au Wiki, vous devez vous enregistrer en tant qu'utilisateur. Vous aurez alors accès à une plateforme de rédaction qui vous permettra de créer de nouveaux articles dans les sections du Wiki, de modifier les articles existants, d'envoyer des documents numériques, de mener des discussions sur les pages de commentaires.
 
  
Avant de créer un article, veuillez toujours vérifier qu'aucun article n'existe déjà sur le sujet. Il vaut mieux compléter ou modifier un article existant que de générer des doublons. A ce propos, si vous repérez des articles en double, n'hésitez pas à les signaler aux administrateurs du Wiki.
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'''Figure 6. Répartition des ressources en eau renouvelables des pays membres de l’OSS'''
  
=== Règles de Neutralité dans la rédaction des articles ===
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'''Source des données : FAO, 2019 - Base de données AQUASTAT'''
La neutralité est un des grands principes qui régit Wikipedia (l'encyclopédie collaborative). Nous recommandons aussi dans ce Wiki de bien vouloir respecter ce principe. Les articles ne doivent pas prendre parti pour un point de vue plutôt qu'un autre. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il faille évoquer l'intégralité des points de vue d'une question mais qu'il est nécessaire de présenter les plus pertinents en gardant une égale distance avec chacun d'eux. En somme, les articles doivent pouvoir présenter des idées et des faits de sorte que partisans et détracteurs puissent l'accepter.
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<u>Par exemple :</u>
+
La situation de disponibilité en eau dans la zone d’action de l’OSS se présente comme suit : 
 +
* Près de 60 millions de personnes vivent dans des pays qui connaissent une situation de pénurie d'eau (Disponibilité en eau renouvelable moins de 500 m3/hab./an);
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* 258 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de stress hydrique avec 500< Disponibilité en eau renouvelable <1000 m3/hab./an;
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* 365 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de vulnérabilité hydrique avec 1000 < Disponibilité en eau renouvelable <1700 m3/hab./an.
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* Près de 120 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de sécurité hydrique voire de confort hydrique (Disponibilité en eau renouvelable de plus de 1700 m3/hab./an).
 +
* Les populations les moins dotées en eau se situent principalement dans la région de l’Afrique du Nord. On y enregistre de fortes pressions sur les ressources renouvelables et cette situation pourrait davantage s’aggraver dans le temps. 
 +
* Du point de vue de l'exploitation des ressources en eau renouvelables, il existe également une grande disparité entre les régions : 
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* C'est en Afrique du Nord que le taux de prélèvement est le plus élevé, soit de près de 106% des ressources en eau renouvelables. 
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* en Afrique de l'Est, les prélèvements avoisinent 17 %. 
 +
* En Afrique de l'Ouest (y compris le Cameroun et le Tchad), seulement 3% sont prélevées et l’irrigation reste le premier consommateur de l’eau malgré quelques disparités entre les sous régions (77%, 74% et 72% respectivement pour l’Afrique du Nord, l'Afrique de l'Est puis l’Afrique de l’Ouest et du Centre. 
  
Un article ne peut pas dire « La gestion privée du secteur de l'eau est la meilleure des formes de gestion » mais il devra évoquer les arguments des partisans d'une gestion privée de l'eau et les arguments des contradicteurs.
+
== Origines et types des ressources eau dans les pays de l'OSS ==
 +
Dans zone d’action de l’OSS, les ressources en eau présentes dans un pays donné peuvent être de diverses origines (OSS, 1995 ; OSS, 2001) :
 +
* Les pays dont les ressources en eau sont dominées par les eaux superficielles d'origine interne associées à une part appréciable d'eau souterraine renouvelable. Les zones où l'on rencontre ce type de ressource se trouvent principalement dans les massifs anciens du Sahara (Hoggar, Aïr et Tibesti) et dans les zones de socle des pays sahéliens;
 +
* Les pays dont les ressources en eau sont dominées par les eaux superficielles (fluviales et ou lacustres) ayant une importante part d'origine externe au pays. A ces ressources, sont généralement associées les eaux souterraines des aquifères alluviaux peu profonds sous-jacents. Les pays concernés ont une forte dépendance par rapport aux pays émetteurs situés en amont. Il s'agit par exemples de l'Egypte, du Soudan, de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, etc. Ces ressources sont les plus sensibles aux sécheresses;
 +
* Les pays dont les ressources en eau sont principalement constituées des eaux souterraines fossiles, très peu ou pas renouvelables. Ces ressources constituent les grands réservoirs aquifères sédimentaires transfrontaliers. C’est le cas du Sahara (désert occidental d’Egypte, Libye, Sahara algérien et tunisien) et des zones sahariennes sédimentaires des pays sahéliens (Mali, Niger, Tchad, Soudan, etc.).
 +
Les activités de l’OSS sont essentiellement focalisées sur les ressources en eau transfrontalières des aquifères partagés prenant en compte leurs relations hydrauliques avec les ressources de surface des bassins hydrographiques qui les surmontent.
  
=== Conseils de rédaction ===
+
== Ressources en eau partagées de l'espace de l'OSS ==
Nous vous prions dans la mesure du possible de soigner l'orthographe et la grammaire des articles. Si vous notez dans d'autres articles des fautes de frappes, d'orthographe ou de syntaxe, prenez la peine de les corriger.
+
Eaux superficielles partagées
  
Nous vous prions de respecter les règles de ponctuations et de typographie usuelles (majuscules en début de phrase etc...). Les effets de style (couleurs, italique, gras etc...) sont importants pour mettre en valeur un texte mais n'en abusez pas.
+
=== Vue générale et données de base sur quelques cours d'eau et bassins transfrontaliers ===
 +
Sur les 263 bassins fluviaux et lacustres majeurs transfrontaliers identifiés dans le monde, près de 80 se trouvent en Afrique. 
  
Écrivez des phrases simples et courtes. Les textes doivent être synthétiques et ne pas comporter de grandes envolées lyriques ou de paragraphes alambiqués.
+
Dans la zone d'action de l’OSS il y a plus d’une trentaine de bassins fluviaux et lacustres transfrontaliers (Figure 7) dont les plus importants sont décrits ci-dessous. En termes de suivi et de connaissance de ces cours et plans d’eau, il convient de préciser que d'importants efforts restent à faire. A titre d'exemples, les informations de base à l'instar des débits moyens de certains de ces cours d'eau restent à ce jour insuffisamment connus.
  
=== En résumé, le ton des articles doit être : ===
+
Le tableau 1 fournit les informations de base sur les importants cours d'eau et bassins hydrographiques transfrontaliers de la zone d'action de l'OSS, dont une dizaine seulement est bien renseignée. Des informations détaillées ont été également fournies sur quelques-uns de ces cours d'eau et bassins hydrographiques transfrontaliers, au regard de leurs particularités (taille, importance écologique et économique, mode de gestion, problèmes particuliers, ...).  
* neutre
+
* impersonnel
+
* clair (évitez le jargon et les sous-entendu)
+
* précis et concis
+
  
=== Les référents et leur rôle ===
+
'''Figure 7. Bassins fluvio-lacustres dans la zone d’action de l’OSS''' 
Le rôle des référents de ce site n'est pas de censurer les articles mais de s'assurer de la qualité du Wiki. A ce titre, ils peuvent :
+
* accompagner les utilisateurs dans la gestion de l'interface d'édition
+
* avertir un usager indélicat et faire des rappels aux règles d'utilisation de ce Wiki
+
* bloquer les accès de toutes personnes ne respectant pas les règles d'édition ou la netiquette
+
* nettoyer le site des articles en doublons en proposant à leurs auteurs de faire des synthèses
+
* protéger les pages ayant fait l'objet de sabotage ou de guerre d'édition ou risquant de l'être
+
* modifier ou supprimer les articles ne respectant pas les règles d'édition du wiki, les hors-sujets, et les contenus illégaux ou insultants.
+
  
== Respect du droit d’auteur ==
+
'''Source: FAO-Aquastat 2002'''
  
=== Creative Commons ===
+
{|border="1"
Tous les articles sont édités en CC-BY-SA 4.0 ([https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.fr Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International]). Cette licence autorise chacun à créer, copier, modifier et distribuer le contenu du Wiki même pour des usages commerciaux. Il est néanmoins obligatoire que les copies conformes et les copies modifiées soient enregistrées sous la même licence. Il est également obligatoire de mentionner les auteurs des textes.
+
|+'''''Tableau 1. Données de base sur les principaux bassins transfrontaliers de la zone d’action de l’OSS''' ''''' '''
 +
|'''Bassin'''
 +
  |'''Longueur du cours principal (km)'''
 +
  |'''Débit moyen à l'embouchure (m<sup>3</sup>/s)'''
 +
  |'''Superficie du bassin versant (km²)'''
 +
  |'''Pays<nowiki> </nowiki> riverains<sup>**</sup>'''
 +
  |'''Embouchure'''
 +
  |'''Organisme de bassin'''
 +
 +
|-
 +
  |Nil
 +
  |6 650
 +
  |2 830
 +
  |3 112 369
 +
  |Burundi (13260), Egypte (326 751),
 +
<nowiki> </nowiki> Erythrée (121890), Ethiopie (365117), Kenya (46229), Ouganda (231366),
 +
<nowiki> </nowiki> République démocratique du Congo (22143), Soudan (1978506), Rwanda (19876),
 +
<nowiki> </nowiki> Tanzanie (84200)
 +
  |Mer Méditerranée
 +
  |Nile Basin Initiative (NBI) créée
 +
<nowiki> </nowiki> en avec son siège en 1999
 +
 +
|-
 +
  |Niger
 +
  |4 184
 +
  |6 000
 +
  |2 113 200
 +
  |Algérie (161300), Bénin (45300) ;
 +
<nowiki> </nowiki> Burkina Faso (82900) ; Cameroun (88100) ; Côte d’Ivoire (22900) ; Guinée
 +
<nowiki> </nowiki> (95900) ; Mali (540700) ; Niger (497900) ; Nigeria (584193), Tchad (16400)
 +
<nowiki> </nowiki> ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  |Autorité du Bassin du Niger (ABN)
 +
<nowiki> </nowiki> créée en 1963 avec son siège basé à Niamey (Niger)
 +
 +
|-
 +
  |Sénégal
 +
  |1 790
 +
  |640
 +
  |436 000
 +
  |Guinée (30 800) ; Mauritanie (219
 +
<nowiki> </nowiki> 100) ; Mali (150 800), Sénégal (35 200) ;
 +
  |Océan Atlantique
 +
  |Organisation pour la Mise en
 +
<nowiki> </nowiki> Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) créée en 1972 avec son siège basé à Dakar
 +
 +
|-
 +
  |Volta
 +
  |1 350
 +
  |1 100
 +
  |412 800
 +
  |Bénin (15000); Burkina Faso
 +
<nowiki> </nowiki> (173500); Côte d’Ivoire (13500), Ghana (166000); Togo (25800); Mali
 +
<nowiki> </nowiki> (18800); 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  |Autorité du Bassin de la Volta
 +
<nowiki> </nowiki> (ABV), créée en 2007 avec son siège basé à Cotonou (Bénin)
 +
 +
|-
 +
  |Comoé
 +
  |759
 +
  |106
 +
  |78 100
 +
  |Burkina Faso (16 900) ; Côte
 +
<nowiki> </nowiki> d’Ivoire (58 300) ; Ghana (2 200) ; Mali (700)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Gambie
 +
  |1 130
 +
  |149
 +
  |69 900
 +
  |Gambie (5 900) ; Guinée (13 200),
 +
<nowiki> </nowiki> Sénégal (50 700);
 +
  |Océan Atlantique
 +
  |Organisation pour la Mise en
 +
<nowiki> </nowiki> Valeur du Fleuve Gambie (OMVG) créée en 1967 avec son siège basé à Dakar
 +
 +
|-
 +
  |Sassandra
 +
  |840
 +
  |550
 +
  |68 200
 +
  |Côte d’Ivoire (59 800) ; Guinée (8
 +
<nowiki> </nowiki> 400)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Ouémé
 +
  |500
 +
  |170
 +
  |59 500
 +
  |Bénin (49 400) ; Nigeria (9700) ;
 +
<nowiki> </nowiki> Togo (400)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Cross
 +
  |480
 +
  |570
 +
  |52 800
 +
  |Cameroun (12500), Nigeria (40300)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Atui
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |32 600
 +
  |Mauritanie (20500) ; Maroc (12100)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Cavally
 +
  |700
 +
  |150
 +
  |30 600
 +
  |Côte d’Ivoire (16 600) ; Guinée (1
 +
<nowiki> </nowiki> 300), Liberia (12 700) ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Rio
 +
<nowiki> </nowiki> Corubal
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |24 000
 +
  |Guinée-Bissau (6 500), Guinée (17
 +
<nowiki> </nowiki> 500) ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Medjerda
 +
  |460
 +
  |29
 +
  |23 700
 +
  |Algérie, Tunisie
 +
  |Mer Méditerranée
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Mono
 +
  |350
 +
  |55
 +
  |23 400
 +
  |Bénin (1 100), Togo (22 300)
 +
<nowiki> </nowiki> ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  |Autorité du Bassin du Mono (ABM),
 +
<nowiki> </nowiki> créée en 2006 avec son siège basé à Ouagadougou (Burkina-Faso)
 +
 +
|-
 +
  |Moa
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |22 500
 +
  |Guinée (8 800) ; Libéria (2900),
 +
<nowiki> </nowiki> Sierra Leone (10 800)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Saint-Paul
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |21 200
 +
  |Guinée (9 400), Liberia (11 800)
 +
<nowiki> </nowiki> ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Little
 +
<nowiki> </nowiki> Scarcies
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |18 900
 +
  |Guinée (5 900), Sierra Leone (13
 +
<nowiki> </nowiki> 000)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Saint John
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |15 600
 +
  |Guinée (2 600), Liberia (13 000)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Tanoé
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |15 600
 +
  |Côte d’Ivoire (1 800), Ghana (13
 +
<nowiki> </nowiki> 800)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Cestos
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |15 000
 +
  |Côte d’Ivoire (2 200), Guinée (9
 +
<nowiki> </nowiki> 400), Liberia (16 600) ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Rio Geba
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |12 800
 +
  |Guinée (50), Guinée-Bissau (8 700)
 +
<nowiki> </nowiki> ; Sénégal (4 100) 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Guir
 +
  |433
 +
  | 
 +
  |12580
 +
  |Algérie, Maroc
 +
  |Mer Méditerranée
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Great
 +
<nowiki> </nowiki> Scarcies
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |12 100
 +
  |Guinée (9 000), Sierra Leone (3
 +
<nowiki> </nowiki> 000)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Loffa
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |11 400
 +
  |Guinée (1 300), Liberia (10 100)
 +
<nowiki> </nowiki> ; 
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Bia
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |11 100
 +
  |Côte d’Ivoire (4 600), Ghana (6
 +
<nowiki> </nowiki> 500)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Mana-Morro
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |6 900
 +
  |Liberia (5 700), Sierra Leone (1
 +
<nowiki> </nowiki> 200)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Akpa Yafi
 +
  | 
 +
  | 
 +
  |4 900
 +
  |Cameroun (3 000), Nigeria (1 900)
 +
  |Océan Atlantique
 +
  | 
 +
 +
|-
 +
  |Lac
 +
<nowiki> </nowiki> Tchad
 +
  |NA 
 +
  | NA
 +
  |Bassin actif:
 +
<nowiki> </nowiki> 2 381 635 km<sup>2</sup> théoriquement mais le bassin conventionnel ne fait que 967 000
 +
<nowiki> </nowiki> km<sup>2</sup>
 +
  |Cameroun, Centrafrique, Libye,
 +
<nowiki> </nowiki> Niger, Nigéria, Tchad
 +
  |Lac endoréique
 +
  |Commission du Bassin du lac Tchad
 +
<nowiki> </nowiki> (CBLT), créée en 1964 avec son siège basé à Ndjamena (Tchad)
 +
|}
 +
'''<nowiki/>''''''<nowiki/>'''
 +
==== ''Source : Hissel, 2013'' ====
 +
'''''<sup>**</sup>'''<sup> </sup>Les chiffres entre parenthèses désignent les
 +
superficies du bassin (km²) dans le pays''
  
Les textes et documents relevant du domaine public qui sont susceptibles d'être publiés dans ce Wiki ne sont pas couverts par la présente licence mais sont assujettis aux règlements relatifs aux œuvres du domaine public.
+
=== '''''Caractéristiques de quelques bassins hydrographiques transfrontaliers dans la zone d'action de l'OSS''''' ===
Aucun contributeur ne peut prétendre détenir le contrôle d’un article en particulier, ni exiger un monopole de rédaction sur un thème particulier. Toutefois pour les contributions comportant des éléments assujettis à d'autres licences, veuillez-vous référer au paragraphe suivant.
+
* '''Bassin du Nil'''
 +
Le Nil,
 +
avec une longueur totale de 6 650 kilomètres et un débit moyen de 2830 m<sup>3</sup>/s,
 +
est le deuxième plus long fleuve du monde après l’Amazone. Son bassin versant
 +
couvre plus de 3 millions de km² '''''(Figure 8)'''''. Il est formé
 +
par la confluence, à Khartoum, '''du Nil
 +
Bleu et du Nil Blanc'''. Le '''Nil Blanc'''
 +
prend sa source dans le lac Victoria alors que la source du Nil Bleu se trouve
 +
au niveau du lac Tana (ou Tsana) en Ethiopie. Son embouchure se trouve en
 +
Egypte où il forme un delta (Delta du Nil) avant de se jeter dans la
 +
Méditerranée. Le bassin hydrographique du Nil est partagé par 11 pays à savoir,
 +
l’Égypte, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya,
 +
l’Érythrée, le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC).
  
=== Copyright et respect du droit ===
+
Les ressources naturelles du
 +
bassin du Nil sont soumises à une importante pression engendrée principalement
 +
par l'agriculture, la prolifération des espèces végétales aquatiques
 +
envahissantes, les feux de brousse, l'exploitation minière, l'urbanisation, le
 +
changement climatique. A ces difficultés s’ajoutent la pression démographique,
 +
la pauvreté et l'insécurité.
  
==== Respect du Copyright ====
+
L’organisme en charge de la gestion du Bassin est
Il n’est pas possible d’éditer un contenu sous copyright <u>sauf autorisation explicite de son auteur</u>. Nous vous prions donc de toujours vérifier les licences des sources externes que vous utiliserez sur ce Wiki. Si l'auteur vous autorise à utiliser son œuvre et à la publier sur ce Wiki, il est nécessaire de le signaler explicitement. Il en résultera que vous pourrez utiliser ces textes, documents, images, cartes ou autres mais ils ne seront pas soumis à la licence du Wiki et resteront sous copyright.
+
l’Initiative du Bassin du Nil – '''''Nile Basin Initiative (NBI)''''', établie
 +
en 1999 et dont le siège actuel se trouve à Entebbe (Ouganda). L’objectif de l’Initiative
 +
est de renforcer la coopération entre les Etats du bassin pour un développement
 +
économique durable à travers l’utilisation équitable des ressources en eau.
  
Exemple de note explicite d'une photo sur laquelle il y a un copyright: <blockquote>The photo XXX is © 2009 YYYY, used under a Creative Commons Attribution-Noncommercial license</blockquote>
+
'''''Figure 8. Limites et hydrographie du bassin du Nil '''''
  
==== Citation de ses propres textes et documents ====
+
'''''Source de données : '''FAO-AQUASTAT, 2011''
Il est possible de citer ses propres textes toutefois une fois sur le wiki, vous devez avoir conscience qu'ils deviennent dépendant de la licence CC-BY-SA (copiables, partageables, modifiables).
+
* '''Bassin du fleuve Niger'''
 +
 Le fleuve Niger, d’une longueur d’environ 4200 km draine un bassin hydrographique de plus de 2,2 millions de km² (Figure 9), dont environ 1,5 millions de km² de bassin hydrologique actif étendu sur neuf (9) pays (Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad)19(ABN, 2007). Le fleuve prend sa source dans le massif du Fouta-Djalon en Guinée et son embouchure se trouve au Nigeria où il forme un delta (Delta du Niger) avant de se jeter dans l’Océan Atlantique. De sa source à son embouchure, il traverse les régions sahéliennes et subdésertiques, où il perd une part importante de ses apports hydriques (25 à 50 %), principalement par évaporation.
  
==== Référencer les sources citées ====
+
Le bassin du fleuve englobe plusieurs zones climatiques et peut être divisé en quatre sous-systèmes hydro-géographiques distincts :
Les sources citées doivent être référencée de la manière suivante :
+
* Le Niger Supérieur qui comprend trois (03) affluents principaux à savoir le Tinkisso, le Milo et le Niandan. 
* Auteur
+
* Le Delta Intérieur au Mali comprend un système complexe et géographiquement étendu d’affluents, de lacs et de plaines inondables qui ont connu un développement considérable. 
* Titre
+
* Le Niger Moyen: situé en amont de la République du Niger où le fleuve reçoit un apport des affluents du Burkina-Faso à savoir le Garouol, le Dargol et la Sirba. 
* Titre du Journal, du Volume (si nécessaire)
+
* Le Niger Inférieur qui reçoit plusieurs affluents majeurs, dont les rivières Sokoto, Kaduna et la Bénoué. 
* Editeur
+
Les modules moyens annuels du fleuve au cours de la saison 2015/2016 se présentent, d’amont en aval, comme suit : 1002 m3/s à Koulikoro (Mali) dans le Niger Supérieur, 1973 m3/s à Diré (Mali) dans le Delta Intérieur, 958 m3/s dans le Delta aval et 6054 m3/s à Lokoja (Nigéria) dans le Niger Inférieur. 
* Date de publication
+
* ISBN/ISSN/doi (si disponible)
+
  
<u>Par exemple:</u>
+
Les Problèmes particuliers du Bassin du Niger (ABN, 2013) sont : 
 +
* Au plan environnemental et écologique : le changement climatique, la dégradation des sols du bassin versant, la déforestation, la surexploitation des ressources halieutiques, la pollution des eaux du fleuve Niger par les rejets domestiques et industriels et particulièrement par les activités pétrolières dans le Delta Maritime (au Nigéria); 
 +
* Au plan économique: la faiblesse et l’insuffisance des infrastructures et équipements socio-économiques qui ont pour corollaire l'accroissement de la pauvreté des populations du bassin.
 +
L'Autorité du Bassin du Niger (ABN) est l'organe intergouvernemental chargé de la gestion coordonnée et concertée des ressources du Bassin. Elle a été créée depuis 1964, avec son siège à Niamey et comprend 09 Etats partageant le bassin (l’Algérie étant membre observateur). 
  
J. Bonvallot, Tabias et Jessour du Sud tunisien, Agriculture dans les zones marginales et parade à l'érosion, Cahier ORSTOM, série pédologie, vol XXII, n°2, 1986 pp163-171
 
  
=== Clause de non-responsabilité pour le contenu ===
 
L'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) ne peut en aucun cas être tenue responsable pour le manque de qualité ou les inexactitudes qui pourraient se trouver dans ses pages. Au cas, où des inexactitudes seraient relevées, nous prions les contributeurs de bien vouloir rectifier eux-mêmes les informations ou de nous les signaler via la page de [[contact]].
 
  
Les pages de présentation du Wiki ainsi que le format et le design ne sont pas ouvertes pour modification aux contributeurs.
+
Figure 9. Limites et hydrographie bassin du fleuve Niger
  
=== Règles comportementales (Netiquette) ===
+
Source de données : FAO-AQUASTAT, 2009
* Ne faites pas aux autres ce que nous n'aimeriez pas qu'on vous fasse
+
** Pas d'insulte !
+
** Pas de harcèlement moral !
+
** Respectez les différences culturelles : prenez garde en particulier quand vous faites de l'humour que ce soit bien compris par tous
+
** Évitez d'écrire en majuscules : selon les conventions internet, cela correspond à des cris et nous souhaitons dialoguer calmement entre nous...
+
** Pas de spam !
+
* Les utilisateurs sont priés de bien vouloir faire part aux référents tout article ne respectant pas la netiquette. Les référents du Wiki se réservent le droit de bloquer les comptes des contributeurs ne respectant les principes de savoir-vivre tels que décrit ci-dessus.
+
  
=== Ce que ce Wiki n’est pas ===
+
Eaux souterraines partagées
Ce wiki n’est pas une plateforme de stockage de fichiers personnels. Les textes et documents doivent être directement liés aux thèmes abordés ou aux articles et publiable.
+
  
Le wiki n'est pas l'endroit où mener des guerres personnelles ou idéologiques, ni un lieu pour des appels à la haine, des insultes. Chacun est appelé à rester dans un esprit de coopération et à interagir avec les autres utilisateurs dans le calme et le respect des règles de politesse usuelles.
+
= Mobilisation et utilisation des ressources en eau dans l’espace OSS =
 +
== Capacités des barrages dans la zone d’action de l’OSS ==
  
Ce Wiki n'est pas un espace publicitaire pour les entreprises du secteur ou toutes autres entreprises, même si leurs membres peuvent y contribuer pour autant que leurs articles proposent des bonnes pratiques liées au secteur dans le respect des règles d'édition (neutralité).
+
== Usages des ressources en eau selon leur type ==
 +
=== Eaux de surface ===
 +
=== Eaux souterraines ===
 +
=== Mobilisation et utilisation des ressources en eaux non conventionnelles ===
 +
==== Etat du dessalement des eaux de mer dans la région de l’Afrique du Nord ====
 +
==== Eaux usées traitées et leur valorisation ====
 +
== Volumes des prélèvements totaux et leur répartition par secteurs d’usage et par habitant ==
 +
== Efficience et efficacité de l’utilisation des ressources en eau dans l’espace OSS ==
 +
=Pressions quantitative et qualitative exercées sur les ressources en eau =
 +
== Pression quantitative: Situation de l’exploitation par pays ==
 +
== Pression qualitative sur les ressources en eau : Utilisation abusive et non écologique des intrants agricoles chimiques et leurs impacts sur les ressources en eau ==
 +
=Accès aux services de base : Eau potable, hygiène et assainissement de base=
 +
== Accès à l’eau améliorée aux niveaux national, urbain et rural==
 +
== Accès à un assainissement adéquat aux niveaux national, urbain et rural==
 +
= Gouvernance et gestion de l’Eau dans l’espace OSS=
 +
== Organisation de l’environnement politique et juridico-institutionnel de la Gouvernance de l’eau au niveau Pays==
 +
== Gouvernance des eaux transfrontalières==
 +
=== Cas des bassins fluviaux et lacustres partagés===
 +
==Cas des eaux souterraines transfrontalières : Aquifères partagés==
 +
= Défis majeurs de l’OSS pour l’amélioration de la gestion et de la mobilisation des ressources en eau dans l’espace du Sahara et du Sahel=

Version du 30 juin 2020 à 18:19

Couverture.jpg

Sommaire

Préface du secrétaire exécutif de l’OSS

Les ressources en eau sont au cœur de la survie des populations et leur préservation est étroitement dépendante de la capacité à les gérer et à les partager.

C’est particulièrement le cas dans la zone du Sahara et du Sahel, une région où il existe de forts contrastes en termes de variabilité spatio-temporelle des événements hydro-climatiques (précipitations, sécheresses, inondations), de disponibilité en eau (abondance par endroits et pénurie ailleurs), d’accès durable aux services de base (eau potable, hygiène et assainissement).

Spécifiquement, dans la zone saharienne caractérisée par une très faible pluviométrie, les ressources en eau superficielles sont très peu fournies. Dans un tel contexte, les ressources en eau souterraines, constituent une véritable alternative pour combler le déficit.

De même, le recours aux ressources en eau non conventionnelles devient une nécessité. Pour assurer le développement économique et harmonieux de la zone, il faut pouvoir maîtriser cette ressource stratégique et la rendre disponible pour tout et pour tous et en tout lieu. Comme l’a souligné Jean Bosco Bazié, dans la revue « Après-Demain, n°2014/3», « l’Afrique devra engager davantage ses dirigeants dans une plus grande solidarité, une plus grande coopération et une mutualisation des efforts et moyens en vue d’accélérer les progrès dans la mobilisation et la protection de la ressource en eau brute, ainsi que dans la fourniture des services d’eau potable et d’assainissement. Autrement, le continent s’expose à de graves risques environnementaux et à de graves tensions socio-politiques, dommageables pour la paix et la stabilité de l’ensemble de la région et du monde ».

Particulièrement dans la région du Sahara et du Sahel, les investissements pour améliorer la connaissance des ressources en eau sont très limités alors qu’il s’agit d’un préalable fondamental pour asseoir une bonne gouvernance dans le secteur. La planification et la conception rigoureuses des projets durables et économiquement efficaces d’exploitation des ressources en eau dépendent de ce préalable.

L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) s’investit depuis environ trois décennies à accompagner ses Etats membres pour l’amélioration de la gouvernance des ressources. Ses travaux ont permis d'alimenter les bases scientifiques et techniques et les informations nécessaires à la gestion durable des ressources naturelles et en particulier des ressources en eau souterraines dans sa zone d’action qui compte actuellement 25 pays. L’OSS a en effet mené différentes études techniques et scientifiques sur plusieurs grands aquifères transfrontaliers : Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS), partagé par l’Algérie, la Lybie et la Tunisie en Afrique du Nord; Système Aquifère d’Iullemeden, de Taoudéni/Tanezrouft (SAIT) partagé par sept pays majoritairement en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Algérie); Aquifères transfrontaliers de l’Afrique de l’Est (sous-région de l’IGAD) .

Ce document constitue la troisième édition actualisée et élargie à d’autres thématiques par rapport aux deux précédentes Monographies éditées en 1995 puis en 2001. Elle revêt une importance particulière du fait qu'elle capitalise les principaux résultats obtenus de certains engagements pris par les pays (par exemple les OMD) et s'inscrit dans les Initiatives régionales et africaines adoptées par l'ensemble des pays et institutions concernées, durant ces dernières années.

Cette monographie des ressources en eau des pays de la zone d’action de l’OSS a pour objectif de rassembler quelques informations utiles et actualisées sur ces ressources stratégiques et leurs enjeux. Elle se veut un document de synthèse, sous formes cartographique, graphique ou numérique, de données et informations fiables et utiles, en direction des décideurs et gestionnaires des ressources en eau dans les différents pays membres et organismes de bassin.

C’est le lieu de témoigner toute la profonde gratitude de l’OSS à tous les pays et organisations membres ainsi que les partenaires au Développement qui œuvrent inlassablement à ses côtés pour leur contribution et appuis divers, nécessaires à la réalisation de ses missions.

Khatim KHERRAZ,

Secrétaire Exécutif

Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS)

Liste des sigles/acronymes et abréviations

ABM                      Autorité du Bassin du Mono

ABN                       Autorité du Bassin du Niger

ABV                       Autorité du Bassin de la Volta

AGNU                    Assemblée Générale des Nations Unies

ANRH                    Agence Nationale des Ressources Hydrauliques

APGMV                 Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte

AQUASTAT          FAO’s global information system on water and agriculture

BM                         Banque Mondiale

CARI                     Centre d'Actions et de Réalisations Internationales

CBLT                     Commission du Bassin du Lac Tchad

CENSAD                Communauté des Etats sahélo- sahariens

CICOS                   Commission Internationale du bassin du Congo-Oubangui-Sangha

CIDA                     Canadian International Development Agency

CILSS                    Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel

CPE                        Commission Permanente des Eaux

CRTEAN               Centre Régional de Télédétection des Etats de l'Afrique du Nord

ENDA                    Environnement et Développement du tiers-monde

FAO                       Food and Agriculture Organisation of the United Nations

GDTE                    Gestion Des Terres et des Eaux

GEF                       Global Environment Facility

GICRESAIT          Projet de Gestion Intégrée et Concertée des Ressources en Eau du Système Aquifère de l'Iullemeden-Taoudéni/Tanezrouft et du fleuve Niger

GIRE                     Gestion Intégrée des ressources en Eau

GMMR                  Great Man-Made River

Hab.                       habitant

IGAD                     Intergovernmental Authority on Development

IGRAC                  International Groundwater Resources Assessment Centre

IPEMED                Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen

ITTAS                    Iullemeden Taoudeni/Tanezrouft Aquifer System

KPI                        Key Performance Indicators

NBI                        Nile Basin Initiative

NSAS                     Nubian Sandstone Aquifer System

OBT                       Organismes de Bassins Transfrontaliers

ODD                      Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030 (en anglais: Sustainable Development Goals, ou SDGs)

OMS                      Organisation Mondiale de la Santé

OMVG                   Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie

OMVS                    Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal

ONAS                    Office National de l'Assainissement (Tunisie)

ONEE                    Office National de l’Electricité et de l'Eau Potable -(ONEE Branche Eau)

OSS                        Observatoire du Sahara et du Sahel

PARGIRE/AO       Plan d’Action Régional de Gestion Intégrée des Ressources en Eau/Afrique de l’Ouest

PARIIS                  Projet d’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel » (PARIIS) ou "Sahel irrigation initiative Project" (SIIP), (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad)

PHI                        Programme Hydrologique International

PIB                         Produit Intérieur Brut

PNUD                    Programme des Nations Unies pour le Développement

PPA                        Parité du Pouvoir d’Achat 

RAOB                    Réseau Africain des Organismes de Bassin

RDC                       République Démographique du Congo

ReSaD                    Réseau Sahel Désertification

RIOB                     Réseau International des Organismes de Bassins

SAED                     Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Fleuve Sénégal

SAIT                      Système Aquifère de l’Iullemeden Taoudéni/Tanezrouft

SASM                     Système Aquifère du Sénégalo-Mauritanien

SASS                      Système Aquifère du Sahara Septentrional

SDC                        Swiss Agency for Development and Cooperation

SOGED                  Société de Gestion et d’Exploitation du Barrage de DIAMA

SOGEM                 Société de Gestion de l'Energie de MANANTALI

SONADER            Société Nationale pour le Développement Rural (Mauritanie)

TWAP                    Transboundary Waters Assessment Programme

UMA                      Union du Maghreb Arabe

UNCCD                 United Nations Convention to Combat Desertification

UNECA                 United Nations Economic Commission for Africa

UNESCO               United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture)

UNICEF                United Nations Children's Fund

USA                       United States of America

WCD                      World Commission on Dams


Définitions des terminologies et termes techniques utilises dans la monographie

Accès à l’eau potable : Il est mesuré en pourcentage de la population utilisant des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées. Une source d’eau potable améliorée est une source d’approvisionnement en eau qui, de par la nature de sa construction, protège l’eau de façon satisfaisante de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’eau potable est celle dont la consommation est sans danger pour la santé humaine.

Accès à l’assainissement : Il est mesuré en pourcentage de personnes utilisant des installations d’assainissement améliorées (raccordement au tout-à-l’égout ou à une fosse septique, latrines à chasse rudimentaires, latrines à fosse améliorées et auto-ventilées, et latrines à fosse avec une dalle ou couvertes).

Aquifère transfrontalier : C’est un aquifère ou système aquifère, dont certaines parties sont situées dans deux ou plusieurs États/pays différents.

Bassin versant transfrontalier : Bassin versant couvrant le territoire de plusieurs pays. Par définition, le bassin versant transfrontalier ne tient pas compte des frontières politiques.

Changements climatiques : Variation de l’état du climat, que l’on peut déceler par des modifications de la moyenne et/ou de la variabilité de ses propriétés et qui persiste pendant une longue période, généralement pendant des décennies ou plus ».

Confort hydrique : Un pays est en situation de confort hydrique quand la situation de disponibilité en eau renouvelable est supérieure à 2500 m3/hab./an. Gouvernance : Selon le PNUD, c’est l’exercice des pouvoirs économique, politique et administratif pour gérer les affaires des pays à tous les niveaux. […]. Elle assure que les priorités politiques, sociales et économiques sont fondées sur un large consensus dans la société et que les voix des plus pauvres et des plus vulnérables sont au cœur du processus de décision sur l’allocation des ressources pour le développement.

Indice de dépendance : Indicateur exprimant le pourcentage de ressources en eau renouvelables totales provenant d'autres pays. Un pays dont l'indice de dépendance est de 100% reçoit la totalité de ses ressources en eau renouvelables de l’extérieur, au contraire, un pays doté d'un indice de dépendance égal à 0 pour cent ne reçoit pas du tout d'eau de l’extérieur.

Indice d'exploitation des ressources en eau renouvelables : il s’agit de la part (%) de l’eau prélevée, pour l’ensemble des besoins d’un pays, par rapport au volume annuel moyen des apports naturels.

Installation sanitaire améliorée : C’est une installation d’assainissement qui devra empêcher de façon hygiénique tout contact entre l’homme et des excréments humains. Pénurie d'eau : au sens physique, il y a pénurie d’eau lorsqu’il n’y en a pas assez pour faire face à toutes les demandes, y compris les besoins environnementaux. Selon la FAO, le seuil de pénurie d’eau pour un pays est atteint si la disponibilité en eau renouvelable est inférieure à 500 m3/hab/an.

Potentiel d'irrigation (ha) : Superficie des terres potentiellement irrigables. Une terre irrigable se définit comme étant une terre pouvant être irriguée de façon économiquement rentable. Son estimation tient compte de plusieurs paramètres tels que la disponibilité des ressources et en terres en eau, les aspects économiques (distance et/ou différence d'élévation entre les terres susceptibles d'être irriguées et l'eau disponible) et les aspects écologiques.

Prélèvement en eau : Définit la quantité d’eau extraite de sa source pour un usage particulier. Les prélèvements peuvent être catégorisés selon les secteurs d’utilisation ou les types d’utilisation. La somme des prélèvements de tous les secteurs/catégories correspond aux prélèvements totaux en eau.

Ressources en eau exploitables : Ce sont les ressources susceptibles d'être mises en valeur, en prenant notamment en considération la faisabilité économique et environnementale.

Ressources en eau renouvelables : Quantité/volume d’eau pouvant être renouvelée annuellement. Elle prend en compte les eaux superficielles et les eaux souterraines renouvelables et peut être catégorisée en ressources en eau renouvelables intérieures et ressources en eau renouvelables extérieures (flux générés hors du pays mais entrant dans le pays) ; par oppositions aux ressources en eau non renouvelables dites fossiles qui ne se renouvellent quasiment pas.

Stress Hydrique : Selon la FAO, le stress hydrique pour un pays est atteint si la disponibilité en eau renouvelable est comprise entre 500 et 1 000 m3/hab./an.

Vulnérabilité hydrique : Selon la FAO, la vulnérabilité hydrique a lieu si la disponibilité en eau d’un pays ou d’une région se situe entre 1000 et 1700 m3/hab./an.


Note sur l’observatoire du Sahara et du sahel (OSS) et ses missions

L'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) est une organisation internationale intergouvernementale à vocation africaine, créée en 1992, et établie à Tunis (Tunisie) depuis 2000.

L’OSS compte en 2020, 32 Etats membres (dont 25 pays d’Afrique et 7 pays non africains) et treize organisations (internationales, sous-régionales et des organisations non gouvernementales (Figure 1), comme suit :

  • 25 pays africains : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Somalie, Soudan, Tchad et Tunisie.
  • 7 pays non africains : Allemagne, Belgique, Canada, France, Italie, Luxembourg et Suisse
  • 13 organisations membres :
  1. Centre d'Actions et de Réalisations Internationales (CARI)
  2. Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS)
  3. Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)
  4. Communauté des Etats sahélo- sahariens (CENSAD)
  5. Centre Régional de Télédétection des Etats de l'Afrique du Nord (CRTEAN)
  6. Intergovernmental Authority on Development (IGAD)
  7. Environnement et Développement du tiers-monde (ENDA)
  8. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO)
  9. Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV)
  10. Réseau Sahel Désertification (ReSaD)
  11. United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD)
  12. Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO)
  13. Union du Maghreb Arabe (UMA).

La zone d'action actuelle de l’OSS s’étend sur une superficie d’environ 17,520 millions de km2, soit 57% de la superficie du continent africain . Les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cameroun et Tchad) couvrent 41% de la superficie totale, ceux de l’Afrique du Nord occupent 33%, et ceux de l’Afrique de l’Est, 26%. Elle dispose de 21 700 km de longueur de côtes (OSS, 2017).

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L’OSS a pour mission d’appuyer ses pays membres africains dans la Gestion intégrée et concertée des ressources naturelles dans un contexte de changement climatique particulièrement défavorable. Cette mission s’appuie nécessairement sur la transmission des connaissances, le renforcement des capacités et la sensibilisation de toutes les parties prenantes. Pour 2030, la stratégie de l’OSS dans le domaine de l’Eau tend à contribuer à la satisfaction des besoins en eau des populations des Etats membres de l’OSS et à la gestion durable des ressources en eau en mettant l’eau au sommet des agendas politiques L’OSS s’est donc engagé à travers sa Stratégie à :

  • Améliorer/renforcer la connaissance des ressources en eau souterraines et superficielles de la région, et sur leurs interactions, notamment en ce qui concerne les eaux partagées;
  • Contribuer à la mise en place d’outils de planification pour la satisfaction des besoins en eau des populations à court, moyen et long termes;
  • Encourager et soutenir les politiques de gestion intégrée et durable des ressources en eau;
  • Contribuer à améliorer et à pérenniser la gouvernance des ressources en eau partagées.

Ces engagements s’inscrivent, par ailleurs, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable et de l’Agenda 2063.

Structuration du document

  • Cette monographie intègre principalement les éléments suivants:
  • Un aperçu global sur les ressources en eau dans l’espace OSS;
  • Une situation de la mobilisation et de l’utilisation des eaux;
  • Une analyse des différentes pressions que subissent ces ressources;
  • Un état de la fourniture des services de base;
  • Un état de la gouvernance des ressources en eau dans l’espace OSS

Introduction générale

Aire d’intérêt de la monographie

L’action de l’OSS couvre la zone sahélo-saharienne de l’Afrique (des côtes Ouest-Africaines aux côtes de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique du Nord) et demeure unique par sa richesse naturelle, ses spécificités géographiques et historiques. C’est un espace caractérisé par son originalité, ses permanences (la mer, le climat, le relief, la biodiversité, les populations, les richesses culturelles et les paysages). La zone d'action de l'OSS comprend des régions à climats hyper arides, arides, semi-arides et sub-humides sèches de l'Afrique (Figure 2), avec la présence d’un climat désertique qui se manifeste par une sécheresse extrême, des températures très élevées et de très fortes amplitudes thermiques.

Cette zone d’action s’étend en totalité ou partiellement sur quatre sous-régions à savoir :

  • L’Afrique du Nord sise au carrefour de trois continents ; elle intègre le plus grand désert du monde (le Sahara avec près de 9 millions de km²). Le climat dans la région est influencé par la Méditerranée au nord, l’océan Atlantique à l’ouest, le Sahara au centre sud et dans une moindre mesure le Sahel à l’extrême sud de la zone. Le bioclimat en Afrique du Nord varie de l’humide à l’hyperaride. Les précipitations annuelles varient de 0,5 mm (Louxor) à 1600 mm (Tanger). Des températures extrêmes ont été enregistrées à Ain Salah (66°C) et Ifrane (-23°C). L’Afrique du nord est la région la plus sèche et la plus pauvre en eau du monde et cela affecte de plus en plus le développement socio-économique de la plupart des pays de la région. On y recense environ 0,7% des ressources en eau douce disponibles par rapport aux ressources totales mondiales.
  • L’Afrique de l’Ouest s’étend sur un espace sahélo-saharien avec des savanes, des steppes et des régions désertiques. On y distingue les principales zones climatiques suivantes (du nord au sud de la région): hyper-aride, aride, semi-aride et subhumide. Dans la zone hyper aride (saharienne) jouxtant le désert du Sahara dans sa partie méridionale, le cumul des pluies annuelles n’atteint pas les 200 mm et les précipitations durent seulement deux mois (mi-juillet - mi-septembre). Le climat aride se manifeste dans les zones sahéliennes où les hauteurs de pluies annuelles ne dépassent pas les 600 mm avec des saisons sèches prolongées (jusqu’à 10 mois). Le climat semi-aride régit les zones sahélo-soudaniennes avec des précipitations annuelles moyennes variant entre 750 mm et 1250 mm. Le climat subhumide caractérise la plupart des pays côtiers du Golfe de Guinée et dans une moindre mesure, les zones méridionales de certains pays sahéliens avec des précipitations annuelles variant entre 1000 et 3000 mm. Les températures sont généralement élevées tout au long de l'année, en moyenne 25°C mais peuvent atteindre plus de 40°C dans le Sahel avec une forte amplitude journalière.
  • L’Afrique centrale (Cameroun et le Tchad). Au Cameroun, trois types de climat (équatorial, soudanien et soudano-sahélien) sont présents avec une dominance des climats équatorial et soudanien. La pluviométrie annuelle varie de 500 mm (au nord) à 2000 mm (au Sud) et les températures se situent entre 20°C et 25°C. Le Tchad est quant à lui nettement plus sec que le Cameroun avec une dominance du climat saharo-sahélien au nord et au centre et le climat soudanien dans la partie méridionale du pays. La pluviométrie annuelle varie suivant un gradient nord-sud de 100 mm à 1200 mm (du Nord au Sud) et les températures varient de 20°C à 40°C.
  • L’Afrique de l’Est est caractérisée suite à l’activité volcanique par un paysage tourmenté. Elle renferme à la fois les points les plus élevés et les plus bas du continent africain (-153 m au niveau lac Assal à Djibouti et +5895 m au niveau sommet du mont Kilimandjaro en Tanzanie) et abrite de nombreux plans d'eau, raison pour laquelle elle est nommée région des grands lacs. Le climat dans la région varie entre les conditions fraîches et humides des hautes terres occidentales et les conditions chaudes, arides et semi-arides dans les parties de la Corne (de l’Afrique) sous l'influence des eaux chaudes de l'océan Indien. Les zones d’altitude reçoivent les précipitations les plus abondantes (1500 mm/an à 2000 mm/an) tandis qu’au niveau des zones de la Corne de l’Afrique elles sont nettement moindres (moins de 700 mm/an). Dans la plupart des régions, les températures restent élevées tout au long de l'année(en moyenne 28°C) à l’exception des territoires montagneux en Ethiopie, au Kenya et en Tanzanie où elles sont plus fraîches (en moyenne 15°C). Au regard des similitudes, du point de vue caractéristiques physiques, climatiques et socio-démographiques, les deux pays de l'Afrique du Centre (Cameroun et Tchad) seront associés à ceux de l'Afrique de l'Ouest, dans la suite des analyses.

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Caractéristiques socio-démographiques de la zone

La population totale de la zone d’action de l’OSS est passée de 146 millions d’habitants en 1950 à environ 800 millions d’habitants en 2019 (soit 62% de la population totale africaine8) avec un taux d'accroissement moyen annuel de 2,5 %. La population urbaine9 est estimée à 40 % de la population totale, soit 320 millions d'habitants et la population rurale à 60 %, soit 48 millions d’habitants (Knoema, 2019; BM, 2019).

Cette population est inégalement répartie avec une densité allant de 0 à plus de 1000 habitants au km² (Figure. 3).

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Figure 3. Carte de densité moyenne de la population de la zone d’action de l’OSS

Source des données : FAO & CIESEIN, 2009

D’après les projections des Nations Unies, cette population sera d’environ 1 milliard d’habitants en 2030 et elle avoisinera 1,500 milliards d’habitants en 2050, avec un taux d’accroissement moyen annuel de 2 % (Figure 4).

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Figure 4. Projection de la population de la zone d’action de l’OSS

Source des données : UN, World Population Prospects, 2019

L’espérance de vie à la naissance est passée de 40,510 ans en 1960 à 66 ans en 202011, soit une augmentation moyenne de plus de 50%. Le taux de mortalité infantile est de 72‰ en moyenne en 202012.

En 2018, le PIB13 par habitant avait une moyenne de 1842 $ US avec un maximum de 7241 $ US et un minimum de 314 $ US. La zone d’action de l’OSS dispose d’un indice de développement humain (IDH) 14 moyen de 0,533 ; il varie entre 0,37 et 0,76. Concernant la pauvreté, environ 28 % de la population de la zone d’action vit sous le seuil de 1,25 $ US/jour (sur la base des taux de conversion 2011 en parité de pouvoir d’achat - PPA) selon l’indice de pauvreté (PNUD, 2016).

En 2017, la prévalence de sous-alimentation15 variait de 3,9% à 37,5%. Pour ce qui est de la capacité des barrages par habitant, elle variait en 2015 entre 2,1 m3/hab (au Bénin) à 1866 m3/habit (en Ouganda)16.

Au niveau de l’éducation17, les pays de la zone d’action de l’OSS enregistrent un taux de scolarisation moyen de 77,9%. Le taux du nombre des étudiantes atteint 49,76% par rapport au nombre total, des étudiants.

Les grandes unités d’occupation du sol dans la zone

Plus de la moitié de la zone d’action de l’OSS est constitué de sol nu très peu végétalisé ou sous forme d’étendue dunaire avec seulement 0,3 % de zones urbanisées. Les principales unités d'occupation du sol dans la zone d’action de l'OSS sont présentées à la figure 5 et se répartissent comme suit :

  • Zones désertiques et affleurement rocheux : 4 680 990 km², soit 26%
  • Végétation naturelle (Forêt, savane, maquis, steppe, etc.) : 6 126 543 km², soit 35%
  • Espace agricole : 1 955 957 km², soit 11%
  • Plan d'eau : 116 310 km², soit 1%
  • Sol nu très peu végétalisé : 459 461 km², soit 26%
  • Plaine inondable : 158 663 km², soit 1%
  • Habitat : 53 292 km², soit 0,3%


Figure 5. Carte d'occupation des sols dans la zone d’action de l’OSS

Source: OSS, 2017


Les ressources en eau dans l’espace de l’OSS

Aperçu général

La zone d’action de l’OSS dispose de 1360 milliards de m3 de ressources en eau annuelles renouvelables (FAO-Aquastat, 2017), inégalement réparties selon les régions (Figure 6): 72% pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, 20% pour l’Afrique de l’Est et 8% pour l’Afrique du Nord.

  • La plupart des eaux de surface sont localisées dans les grands bassins hydrographiques transfrontaliers dont les plus importants dans la zone sont les bassins du Nil, du Niger, du Sénégal, du lac Tchad, et de la Volta. L'ensemble des cours et plans d'eau de la zone totalise environ 1302 milliards de m3/an d'eau renouvelable (y compris une part commune entre eaux de surface et eaux souterraines)18. Il existe néanmoins assez de disparités dans la répartition spatiale de ces ressources:
  • Afrique de l’Ouest et centrale: 943 milliards de m3/an 
  • Afrique de l'Est : 268 milliards de m3/an. 
  • Afrique du Nord : 91 milliards de m3/an ;
  • Les ressources en eau souterraine renouvelables totalisent quant à elles un volume de 364 milliards de m3 par an. Comme pour les eaux de surface, il existe également un déséquilibre quantitatif de la répartition spatiale des eaux souterraines. Ainsi, la région de l'Afrique du Nord ne dispose que de 4% alors que les régions de l'Afrique de l'Est et de l'Ouest ont respectivement 16% et 80%. Par ailleurs, il existe dans la zone d'action de l'OSS, d’importantes ressources en eau peu renouvelables dites fossiles, évidemment pas entièrement exploitables et évaluées à près de 656000 milliards de m3 (OSS, 2016).

Les eaux souterraines sont localisées dans les aquifères des grands bassins sédimentaires ou cristallins, pour la plupart partagés par plusieurs pays et faiblement renouvelés. Les réserves théoriques des plus importants systèmes aquifères partagés de la zone se présentent comme suit: 

  • Système Aquifères des Grés de Nubie : 500 000 milliards de m3; 
  • Système Aquifère du Sahara Septentrional: 60 000 milliards de m3;
  • Système Aquifère du bassin de Taoudéni/Tanezrouft: 10 000 milliards de m3;
  • Système Aquifère du bassin du Lac Tchad: 5 800 milliards de  m3;
  • Système Aquifère de l'Iullemeden: 5 000 milliards de m3;
  • Système Aquifère de Murzuk: 4 800 milliards de m3 ;
  • Système Aquifère du Sénégalo-Mauritanien: 1 500 milliards de  m3;
  • Système Aquifère de Tindouf: 800 milliards de m3; 
  • Système Aquifère d'Er Rachidia - Béchar: 320 milliards de m3;
  • Système Aquifère de la Djeffara: 170 milliards de m3 ; 


Figure 6. Répartition des ressources en eau renouvelables des pays membres de l’OSS

Source des données : FAO, 2019 - Base de données AQUASTAT

La situation de disponibilité en eau dans la zone d’action de l’OSS se présente comme suit : 

  • Près de 60 millions de personnes vivent dans des pays qui connaissent une situation de pénurie d'eau (Disponibilité en eau renouvelable moins de 500 m3/hab./an);
  • 258 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de stress hydrique avec 500< Disponibilité en eau renouvelable <1000 m3/hab./an;
  • 365 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de vulnérabilité hydrique avec 1000 < Disponibilité en eau renouvelable <1700 m3/hab./an.
  • Près de 120 millions de personnes vivent dans des pays qui sont en situation de sécurité hydrique voire de confort hydrique (Disponibilité en eau renouvelable de plus de 1700 m3/hab./an).
  • Les populations les moins dotées en eau se situent principalement dans la région de l’Afrique du Nord. On y enregistre de fortes pressions sur les ressources renouvelables et cette situation pourrait davantage s’aggraver dans le temps. 
  • Du point de vue de l'exploitation des ressources en eau renouvelables, il existe également une grande disparité entre les régions : 
  • C'est en Afrique du Nord que le taux de prélèvement est le plus élevé, soit de près de 106% des ressources en eau renouvelables. 
  • en Afrique de l'Est, les prélèvements avoisinent 17 %. 
  • En Afrique de l'Ouest (y compris le Cameroun et le Tchad), seulement 3% sont prélevées et l’irrigation reste le premier consommateur de l’eau malgré quelques disparités entre les sous régions (77%, 74% et 72% respectivement pour l’Afrique du Nord, l'Afrique de l'Est puis l’Afrique de l’Ouest et du Centre. 

Origines et types des ressources eau dans les pays de l'OSS

Dans zone d’action de l’OSS, les ressources en eau présentes dans un pays donné peuvent être de diverses origines (OSS, 1995 ; OSS, 2001) :

  • Les pays dont les ressources en eau sont dominées par les eaux superficielles d'origine interne associées à une part appréciable d'eau souterraine renouvelable. Les zones où l'on rencontre ce type de ressource se trouvent principalement dans les massifs anciens du Sahara (Hoggar, Aïr et Tibesti) et dans les zones de socle des pays sahéliens;
  • Les pays dont les ressources en eau sont dominées par les eaux superficielles (fluviales et ou lacustres) ayant une importante part d'origine externe au pays. A ces ressources, sont généralement associées les eaux souterraines des aquifères alluviaux peu profonds sous-jacents. Les pays concernés ont une forte dépendance par rapport aux pays émetteurs situés en amont. Il s'agit par exemples de l'Egypte, du Soudan, de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, etc. Ces ressources sont les plus sensibles aux sécheresses;
  • Les pays dont les ressources en eau sont principalement constituées des eaux souterraines fossiles, très peu ou pas renouvelables. Ces ressources constituent les grands réservoirs aquifères sédimentaires transfrontaliers. C’est le cas du Sahara (désert occidental d’Egypte, Libye, Sahara algérien et tunisien) et des zones sahariennes sédimentaires des pays sahéliens (Mali, Niger, Tchad, Soudan, etc.).

Les activités de l’OSS sont essentiellement focalisées sur les ressources en eau transfrontalières des aquifères partagés prenant en compte leurs relations hydrauliques avec les ressources de surface des bassins hydrographiques qui les surmontent.

Ressources en eau partagées de l'espace de l'OSS

Eaux superficielles partagées

Vue générale et données de base sur quelques cours d'eau et bassins transfrontaliers

Sur les 263 bassins fluviaux et lacustres majeurs transfrontaliers identifiés dans le monde, près de 80 se trouvent en Afrique. 

Dans la zone d'action de l’OSS il y a plus d’une trentaine de bassins fluviaux et lacustres transfrontaliers (Figure 7) dont les plus importants sont décrits ci-dessous. En termes de suivi et de connaissance de ces cours et plans d’eau, il convient de préciser que d'importants efforts restent à faire. A titre d'exemples, les informations de base à l'instar des débits moyens de certains de ces cours d'eau restent à ce jour insuffisamment connus.

Le tableau 1 fournit les informations de base sur les importants cours d'eau et bassins hydrographiques transfrontaliers de la zone d'action de l'OSS, dont une dizaine seulement est bien renseignée. Des informations détaillées ont été également fournies sur quelques-uns de ces cours d'eau et bassins hydrographiques transfrontaliers, au regard de leurs particularités (taille, importance écologique et économique, mode de gestion, problèmes particuliers, ...).  

Figure 7. Bassins fluvio-lacustres dans la zone d’action de l’OSS 

Source: FAO-Aquastat 2002

Tableau 1. Données de base sur les principaux bassins transfrontaliers de la zone d’action de l’OSS  
Bassin Longueur du cours principal (km) Débit moyen à l'embouchure (m3/s) Superficie du bassin versant (km²) Pays riverains** Embouchure Organisme de bassin
Nil 6 650 2 830 3 112 369 Burundi (13260), Egypte (326 751),

Erythrée (121890), Ethiopie (365117), Kenya (46229), Ouganda (231366), République démocratique du Congo (22143), Soudan (1978506), Rwanda (19876), Tanzanie (84200)

Mer Méditerranée Nile Basin Initiative (NBI) créée

en avec son siège en 1999

Niger 4 184 6 000 2 113 200 Algérie (161300), Bénin (45300) ;

Burkina Faso (82900) ; Cameroun (88100) ; Côte d’Ivoire (22900) ; Guinée (95900) ; Mali (540700) ; Niger (497900) ; Nigeria (584193), Tchad (16400)  ; 

Océan Atlantique Autorité du Bassin du Niger (ABN)

créée en 1963 avec son siège basé à Niamey (Niger)

Sénégal 1 790 640 436 000 Guinée (30 800) ; Mauritanie (219

100) ; Mali (150 800), Sénégal (35 200) ;

Océan Atlantique Organisation pour la Mise en

Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) créée en 1972 avec son siège basé à Dakar

Volta 1 350 1 100 412 800 Bénin (15000); Burkina Faso

(173500); Côte d’Ivoire (13500), Ghana (166000); Togo (25800); Mali (18800); 

Océan Atlantique Autorité du Bassin de la Volta

(ABV), créée en 2007 avec son siège basé à Cotonou (Bénin)

Comoé 759 106 78 100 Burkina Faso (16 900) ; Côte

d’Ivoire (58 300) ; Ghana (2 200) ; Mali (700)

Océan Atlantique  
Gambie 1 130 149 69 900 Gambie (5 900) ; Guinée (13 200),

Sénégal (50 700);

Océan Atlantique Organisation pour la Mise en

Valeur du Fleuve Gambie (OMVG) créée en 1967 avec son siège basé à Dakar

Sassandra 840 550 68 200 Côte d’Ivoire (59 800) ; Guinée (8

400)

Océan Atlantique  
Ouémé 500 170 59 500 Bénin (49 400) ; Nigeria (9700) ;

Togo (400)

Océan Atlantique  
Cross 480 570 52 800 Cameroun (12500), Nigeria (40300) Océan Atlantique  
Atui     32 600 Mauritanie (20500) ; Maroc (12100) Océan Atlantique  
Cavally 700 150 30 600 Côte d’Ivoire (16 600) ; Guinée (1

300), Liberia (12 700) ; 

Océan Atlantique  
Rio

Corubal

    24 000 Guinée-Bissau (6 500), Guinée (17

500) ; 

Océan Atlantique  
Medjerda 460 29 23 700 Algérie, Tunisie Mer Méditerranée  
Mono 350 55 23 400 Bénin (1 100), Togo (22 300)

 ; 

Océan Atlantique Autorité du Bassin du Mono (ABM),

créée en 2006 avec son siège basé à Ouagadougou (Burkina-Faso)

Moa     22 500 Guinée (8 800) ; Libéria (2900),

Sierra Leone (10 800)

Océan Atlantique  
Saint-Paul     21 200 Guinée (9 400), Liberia (11 800)

 ; 

Océan Atlantique  
Little

Scarcies

    18 900 Guinée (5 900), Sierra Leone (13

000)

Océan Atlantique  
Saint John     15 600 Guinée (2 600), Liberia (13 000) Océan Atlantique  
Tanoé     15 600 Côte d’Ivoire (1 800), Ghana (13

800)

Océan Atlantique  
Cestos     15 000 Côte d’Ivoire (2 200), Guinée (9

400), Liberia (16 600) ; 

Océan Atlantique  
Rio Geba     12 800 Guinée (50), Guinée-Bissau (8 700)

 ; Sénégal (4 100) 

Océan Atlantique  
Guir 433   12580 Algérie, Maroc Mer Méditerranée  
Great

Scarcies

    12 100 Guinée (9 000), Sierra Leone (3

000)

Océan Atlantique  
Loffa     11 400 Guinée (1 300), Liberia (10 100)

 ; 

Océan Atlantique  
Bia     11 100 Côte d’Ivoire (4 600), Ghana (6

500)

Océan Atlantique  
Mana-Morro     6 900 Liberia (5 700), Sierra Leone (1

200)

Océan Atlantique  
Akpa Yafi     4 900 Cameroun (3 000), Nigeria (1 900) Océan Atlantique  
Lac

Tchad

NA   NA Bassin actif:

2 381 635 km2 théoriquement mais le bassin conventionnel ne fait que 967 000 km2

Cameroun, Centrafrique, Libye,

Niger, Nigéria, Tchad

Lac endoréique Commission du Bassin du lac Tchad

(CBLT), créée en 1964 avec son siège basé à Ndjamena (Tchad)

''

Source : Hissel, 2013

** Les chiffres entre parenthèses désignent les superficies du bassin (km²) dans le pays

Caractéristiques de quelques bassins hydrographiques transfrontaliers dans la zone d'action de l'OSS

  • Bassin du Nil

Le Nil, avec une longueur totale de 6 650 kilomètres et un débit moyen de 2830 m3/s, est le deuxième plus long fleuve du monde après l’Amazone. Son bassin versant couvre plus de 3 millions de km² (Figure 8). Il est formé par la confluence, à Khartoum, du Nil Bleu et du Nil Blanc. Le Nil Blanc prend sa source dans le lac Victoria alors que la source du Nil Bleu se trouve au niveau du lac Tana (ou Tsana) en Ethiopie. Son embouchure se trouve en Egypte où il forme un delta (Delta du Nil) avant de se jeter dans la Méditerranée. Le bassin hydrographique du Nil est partagé par 11 pays à savoir, l’Égypte, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Kenya, l’Érythrée, le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC).

Les ressources naturelles du bassin du Nil sont soumises à une importante pression engendrée principalement par l'agriculture, la prolifération des espèces végétales aquatiques envahissantes, les feux de brousse, l'exploitation minière, l'urbanisation, le changement climatique. A ces difficultés s’ajoutent la pression démographique, la pauvreté et l'insécurité.

L’organisme en charge de la gestion du Bassin est l’Initiative du Bassin du Nil – Nile Basin Initiative (NBI), établie en 1999 et dont le siège actuel se trouve à Entebbe (Ouganda). L’objectif de l’Initiative est de renforcer la coopération entre les Etats du bassin pour un développement économique durable à travers l’utilisation équitable des ressources en eau.

Figure 8. Limites et hydrographie du bassin du Nil

Source de données : FAO-AQUASTAT, 2011

  • Bassin du fleuve Niger

 Le fleuve Niger, d’une longueur d’environ 4200 km draine un bassin hydrographique de plus de 2,2 millions de km² (Figure 9), dont environ 1,5 millions de km² de bassin hydrologique actif étendu sur neuf (9) pays (Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad)19(ABN, 2007). Le fleuve prend sa source dans le massif du Fouta-Djalon en Guinée et son embouchure se trouve au Nigeria où il forme un delta (Delta du Niger) avant de se jeter dans l’Océan Atlantique. De sa source à son embouchure, il traverse les régions sahéliennes et subdésertiques, où il perd une part importante de ses apports hydriques (25 à 50 %), principalement par évaporation.

Le bassin du fleuve englobe plusieurs zones climatiques et peut être divisé en quatre sous-systèmes hydro-géographiques distincts :

  • Le Niger Supérieur qui comprend trois (03) affluents principaux à savoir le Tinkisso, le Milo et le Niandan. 
  • Le Delta Intérieur au Mali comprend un système complexe et géographiquement étendu d’affluents, de lacs et de plaines inondables qui ont connu un développement considérable. 
  • Le Niger Moyen: situé en amont de la République du Niger où le fleuve reçoit un apport des affluents du Burkina-Faso à savoir le Garouol, le Dargol et la Sirba. 
  • Le Niger Inférieur qui reçoit plusieurs affluents majeurs, dont les rivières Sokoto, Kaduna et la Bénoué. 

Les modules moyens annuels du fleuve au cours de la saison 2015/2016 se présentent, d’amont en aval, comme suit : 1002 m3/s à Koulikoro (Mali) dans le Niger Supérieur, 1973 m3/s à Diré (Mali) dans le Delta Intérieur, 958 m3/s dans le Delta aval et 6054 m3/s à Lokoja (Nigéria) dans le Niger Inférieur. 

Les Problèmes particuliers du Bassin du Niger (ABN, 2013) sont : 

  • Au plan environnemental et écologique : le changement climatique, la dégradation des sols du bassin versant, la déforestation, la surexploitation des ressources halieutiques, la pollution des eaux du fleuve Niger par les rejets domestiques et industriels et particulièrement par les activités pétrolières dans le Delta Maritime (au Nigéria); 
  • Au plan économique: la faiblesse et l’insuffisance des infrastructures et équipements socio-économiques qui ont pour corollaire l'accroissement de la pauvreté des populations du bassin.

L'Autorité du Bassin du Niger (ABN) est l'organe intergouvernemental chargé de la gestion coordonnée et concertée des ressources du Bassin. Elle a été créée depuis 1964, avec son siège à Niamey et comprend 09 Etats partageant le bassin (l’Algérie étant membre observateur). 


Figure 9. Limites et hydrographie bassin du fleuve Niger

Source de données : FAO-AQUASTAT, 2009

Eaux souterraines partagées

Mobilisation et utilisation des ressources en eau dans l’espace OSS

Capacités des barrages dans la zone d’action de l’OSS

Usages des ressources en eau selon leur type

Eaux de surface

Eaux souterraines

Mobilisation et utilisation des ressources en eaux non conventionnelles

Etat du dessalement des eaux de mer dans la région de l’Afrique du Nord

Eaux usées traitées et leur valorisation

Volumes des prélèvements totaux et leur répartition par secteurs d’usage et par habitant

Efficience et efficacité de l’utilisation des ressources en eau dans l’espace OSS

Pressions quantitative et qualitative exercées sur les ressources en eau

Pression quantitative: Situation de l’exploitation par pays

Pression qualitative sur les ressources en eau : Utilisation abusive et non écologique des intrants agricoles chimiques et leurs impacts sur les ressources en eau

Accès aux services de base : Eau potable, hygiène et assainissement de base

Accès à l’eau améliorée aux niveaux national, urbain et rural

Accès à un assainissement adéquat aux niveaux national, urbain et rural

Gouvernance et gestion de l’Eau dans l’espace OSS

Organisation de l’environnement politique et juridico-institutionnel de la Gouvernance de l’eau au niveau Pays

Gouvernance des eaux transfrontalières

Cas des bassins fluviaux et lacustres partagés

Cas des eaux souterraines transfrontalières : Aquifères partagés

Défis majeurs de l’OSS pour l’amélioration de la gestion et de la mobilisation des ressources en eau dans l’espace du Sahara et du Sahel

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