Foggara

De WikOSS
Aller à : navigation, rechercher

Processus Hydrologique

La foggara (Algérie), aussi appelée khettara (Maroc) ou kriga (Tunisie) est un système de drainage, de distribution et de gestion d'eau traditionnel dans les régions semi arides et arides du Maghreb. A son origine se trouvent les anciens systèmes de drainage d’eau en Iran (inventés il y a environ 3000 ans) qui ont été adaptés aux contextes locaux dans 16 pays arabes au fil du temps. Il s’agit d’un système d’une galerie creusée dans le sol qui draine l’eau souterraine de la nappe phréatique. Cette galerie est créée avec l’aide des puits qui servent plus tard à la maintenance du système et qui ne font pas partie du processus hydraulique. La longueur du système de la foggara, khetarra ou kriga dépend de plusieurs facteurs, dont le niveau piézométrique par rapport au sol, la pente du terrain et la pente de la galerie de drainage. Certaines foggaras ont une longueur de plusieurs kilomètres. A travers une légère pente et grâce à la proximité de la nappe, la galerie souterraine transporte l’eau à travers la zone transportante, aussi appelée « tête morte », qui, elle non plus, ne fait pas partie du drainage puisque elle se trouve au-dessus de la nappe phréatique. Après sa sortie de cette tête morte, 'eau est conduite à travers des canaux en argile et des partiteurs en forme de peigne pour arriver soit aux des bassins de stockage individuels d’où elle sera utilisée directement pour l’arrosage des palmeraies, soit à un grand bassin commun d’où elle sera repartie parmi les usagers. Quant à la productivité, la foggara est conditionnée par la zone du captage et la longueur des galeries. La quantité d’eau drainée peut ainsi varier entre 1 litre et 400 litres par heure.

Organisation Sociale

Le système de la foggara a été fortement influencé par les coutumes et règles des sociétés dans lesquelles il a été créé, mais l’organisation de la vie de ses usagers dépend aussi du régime d’eau local et « les conditions sociales elles-mêmes dépendent de particularités de l’organisation hydrauliques ». La copropriété est organisée à travers de investissements que chaque contributeur à fait pour la construction de la foggara ou pour sa maintenance. Les contributions, auparavant souvent le travail physique pour la création de l’ouvrage, peuvent aussi être financières sont proportionnelles à la quantité d’eau reçue. Les contributeurs-propriétaires-usagers sont registrés dans un registre, souvent mené par l’Imam – des documents de gestion et des témoins historique de l’histoire du système. Boualem et Rabah (2012) estiment que, actuellement, ils existent 1400 foggaras en Algérie, dont 903 sont toujours utilisables. En Tunisie, malgré l’existence de 9 foggaras, seule celle d’Umm Jdour à Kasserine est opérationnelle.

Avantages

L’eau souterraine devient accessible dans des zones semi arides ou arides, elle est essentielle pour l’existence des oasis et rend une vie dans ses zones possible. A travers les peignes répartiteurs, les canaux en argile et le système de stockage dans les bassins, l’eau peut être distribuée directement aux endroits qui en ont besoin. L’eau, il parait- est gratuite, puisque les usagers sont indépendants des systèmes nationaux, des entreprises et de l’état A l’époque de son invention, la foggara était une technologie révolutionnaire pour les zones semi arides et arides lors de son fonctionnement indépendant de toute forme d’énergie. A part de cette indépendance énergétique, les foggaras sont étroitement liées aux sociétés locales et son organisation traditionelle.

Désavantages

Les foggaras sont des systèmes de drainage et d’irrigation qui donne une liberté importante à ses usagers. Cependant, le système se nourrit à travers les eaux souterraines, qui, en zones arides ne sont pas renouvelables. De plsu ; il s’agit d’un système de captage continu, qui ne cède de fonctionner ce qui peut avoir comme conséquence une perte d’eau importante en période de non-utilisation. L'eau captée dans risque de plus d’être contaminée dans les bassins et les systèmes de distribution. A part cela, les foggaras et ses puits d’accès occupent un terrain important, perdu pour toute autre utilisation : « pour une khettara qui irrigue 15 hectares, une superficie de 4 hectares est perdue par occupation des puits ». Le pompage intensif des eaux souterraines et la séchéresse ont contribué à une utilisation de moins en moins fréquente des foggaras.

Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) 1988. L'eau et le Maghreb. Un aperçu sur le présent, l'héritage et l'avenir. (New York: UNDP/ RBAS).
Boualem, R. et Rabah, K. 2012. The Foggara in the Arab World. Geographia Technica, No. 1, pp. 1-7.